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Optimisation de vos contenus web : 7 astuces pour améliorer leur lisibilité

S’il y a une chose dont on est sûr sur le web, c’est que les internautes ne lisent presque pas les contenus. Cela a d’ailleurs été prouvé dès 1997.

Découvrez 7 astuces, facile à mettre en œuvre, pour rendre vos contenus agréables à lire aux yeux de vos internautes.

Dès la fin des années 1990, des études ont montré que la lecture sur écran était beaucoup plus difficile sur papier. Depuis, l’usage du web s’est développé, le design des sites également. Il demeure toutefois une constante : les internautes ne lisent pas, ou peu, les contenus web.

Ils utilisent différentes méthodes de lecture, en fonction de différents facteurs comme :

  • la complexité des textes,
  • le temps disponible,
  • leur disponibilité mentale,
  • leur état de fatigue,
  • leur confiance dans vos contenus

Il est donc important de comprendre comment vos lecteurs consomment vos contenus et de les adapter en fonction. C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Sommaire

Les 3 principales formes de lecture : en F, en mille-feuille et lecture engagée

Avant de travailler leur lisibilité, il est important de comprendre comment sont lus les textes sur Internet.

Gardez toujours en tête ce constat : sur un site web, l’internaute va toujours chercher (consciemment ou non) à faire une tâche avec le minimum d’effort possible.

Cela s’applique particulièrement à la lecture sur écran, qui est plus difficile que sur du papier.

Sur un écran, la lecture se fait majoritairement :

  • Par balayage : la nature même du contenu web a entraîné l’œil à balayer l’écran à la recherche d’éléments pour accrocher son regard. L’internaute va donc se contenter de scanner la page.
  • Par butinage : lors de son scan de la page, l’œil va être attiré par des éléments, que l’internaute va lire – en partie ou totalement – avant de continuer son balayage.
  • De manière interactive : l’internaute va chercher à interagir avec le contenu, que ce soit pour regarder une vidéo, sauvegarder une image, cliquer sur un lien, imprimer la page… C’est normal, et c’est tout l’intérêt du web !

Elle ne se fait donc pas de manière linéaire et « logique » comme avec un livre.

Ces 3 pratiques ont notamment été démontrées par une étude menée en 2006 (et confirmée en 2020) par l’institut Nielsen Norman Group (étude en anglais). En utilisant des techniques d’oculométrie (ou eye-tracking, technique consistant à suivre les déplacements de l’œil sur un écran), ils ont pu faire émerger plusieurs schémas de lecture (contenu en anglais), en fonction du type de contenu.

Voici les principaux :

Le schéma en F

Ici, les internautes lisent la partie supérieure de la page de manière horizontale. Ils descendent ensuite dans la page, s’arrêtent sur un point qui a accroché leur regard et reprennent leur lecture horizontale. Enfin, ils terminent leur lecture en scannant le début de chaque ligne, dans un mouvement vertical.

Cela signifie donc que les premières lignes puis les premiers caractères de chaque ligne sont les plus importants.

L’internaute utilise ce type de schéma dans les cas suivants :

  • la page présente beaucoup de contenu texte et pas (ou peu) de formatage pour le web : pas de listes, pas de recours au gras…,
  • il ou elle recherche à être efficace dans sa découverte du contenu,
  • le contenu n’est pas suffisamment intéressant pour que chaque mot soient lus.

Le schéma en F est très mauvais pour vous comme pour votre lectorat car de grandes sections de contenu, potentiellement importantes, peuvent être « zappées ». Il est donc à éviter autant que possible.

Schéma représentant le mode de lecture dit « en F ». Les zones en surbrillance sont les plus susceptibles d’être lues.

La lecture en mille-feuille

Ici l’attention de l’internaute se pose essentiellement sur les titres et sous-titres, et peu sur le reste du contenu.

Il s’agit d’un mode de lecture efficace car il permet de trouver facilement les informations recherchées. En outre, tous les mots des titres sont lus.

C’est ce schéma de lecture que nous allons rechercher à provoquer.

L’internaute y a recours dans les cas suivants :

  • les différents niveaux de titres sont facilement identifiables,
  • ils synthétisent suffisamment l’information.
Schéma représentant le mode de lecture dit « en millefeuile ». Les zones en surbrillance sont les plus susceptibles d’être lues.

La lecture engagée

Il s’agit du mode de lecture le plus proche de celui adopté dans la lecture papier, où tous les mots (ou presque) sont lus.

C’est l’idéal à atteindre. Votre contenu intéresse réellement votre lectorat et répond à ses attentes/besoins. Étant donné que tous les mots sont lus, c’est également le schéma qui offre la meilleure compréhension, bien qu’étant le plus chronophage et nécessitant le plus d’efforts.

La lecture engagée intervient quand l’internaute :

  • connaît la source et à confiance en elle,
  • est loyale envers elle,
  • et/ou pense qu’il s’agit du meilleur endroit pour trouver l’information recherchée (parce qu’on lui a recommandé, parce que c’est le premier résultat dans le moteur de recherche, parce que le site semble sérieux…)
Schéma représentant le mode de lecture dit « engagée ». Les zones en surbrillance sont les plus susceptibles d’être lues.

7 astuces pour optimiser la lisibilité de vos contenus

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent influer sur le mode de lecture auquel va recourir l’internaute au cours de sa visite sur votre site :

  • la complexité des textes,
  • le temps dont il dispose,
  • sa disponibilité mentale,
  • son état de fatigue,
  • sa confiance en vos contenus
  • la mise en page

Si vous ne pouvez intervenir sur les facteurs d’ordre psychologiques, vous maîtrisez la complexité de vos contenus et leur mise en page.

En effet, l’organisation de votre page va jouer un grand rôle dans la façon dont votre audience va scanner (ou lire) votre contenu. Si la mise en page permet d’identifier rapidement les informations essentielles, cela lui fera gagner du temps. À l’inverse, si la mise en page ne le permet pas, cela risque d’engendrer de la frustration et inciter votre lecteur ou lectrice à quitter le site (et peut-être ne jamais y revenir…).

L’objectif pour vous va donc être de guider l’internaute dans sa lecture et de le mettre dans de bonnes dispositions pour l’amener à lire le plus possible vos contenus.

1. Fragmentez vos contenus

Tous les sites proposent du contenu. Mais tous ne proposent pas un contenu qui soit facilement analysable et compréhensible. Pourquoi ? Car ces sites ne fractionnent pas leurs contenus.

Prenons l’exemple d’un livre : s’il n’était pas découpé en chapitres il serait difficile de s’y repérer et de se remémorer certains éléments de l’histoire. Il en va de même avec les numéros de téléphone. Il est beaucoup plus facile de mémoriser 5*2 chiffres que 10 chiffres.

Le procédé est le même pour un site web. Peu importe le volume de contenu, celui-ci doit être morcelé en petites unités d’information pour ne pas apparaître confus et peu engageant. L’objectif est de limiter autant que possible les pavés de texte indigestes.

N’oubliez pas que la capacité d’attention et la mémoire immédiate de votre lectorat est limitée. Si vous voulez qu’il retienne un grand nombre d’informations, facilitez-lui la tâche.

Exemple de contenu fragmenté

Qu’est-ce qu’un contenu fragmenté ?

Votre contenu est dit fragmenté s’il est présenté sous la forme de :

  • paragraphes courts séparés par des espaces « vides »,
  • phrases courtes (entre 50 et 75 caractères, espaces compris, environ),
  • structuré de manière hiérarchique.

À noter que ces recommandations ne concernent pas que les contenus textes, mais aussi les formulaires par exemple.

La fragmentation seule ne suffit pas, il est également conseillé de faciliter le scan visuel de la page en :

  • utilisant différents niveaux de titres,
  • mettant en avant les mots ou extraits de phrases les plus importants
  • ayant recours aux listes ordonnées ou non,
  • proposant des résumés pour les paragraphes les plus complexes,
  • répétant à plusieurs reprises et à différents endroits de la page une information importante.

Comment réussir la fragmentation de vos contenus

La première étape est de réaliser un sommaire. Vous ne pouvez pas vous contenter de coucher sur le papier toutes vos idées, sans les structurer ou les hiérarchiser. Et surtout, vous devez vous poser cette question :

Qu’est-ce qui intéresse mon lectorat ?

Vous

Essayez ensuite de regrouper les différents sujets abordés dans un ordre logique et compréhensible. Si malgré cela vous trouvez que vous avez toujours trop de contenu scindez-le en plusieurs publications, regroupées en dossier.

2. Travaillez vos titres et sous-titre

Imaginez cet article sans aucun titre, et avec uniquement des paragraphes. Difficile à lire, n’est-ce pas ?

La structuration et la hiérarchisation de votre contenu grâce aux titres est importante pour plusieurs raisons :

  • l’internaute peut se repérer facilement et elle permet la création d’une table de matière automatisée (comme sur cet article, par exemple),
  • elle est très utile aux moteurs de recherche, qui s’en servent pour comprendre comment est structuré le contenu,
  • et surtout, elle est essentielle aux utilisateurs et utilisatrices de lecteur d’écran pour naviguer facilement au sein de la page.

Voici quelques astuces pour réussir la rédaction de vos contenus :

  • Ils doivent décrire le contenu de la section, et uniquement celui-ci. Utilisez des mots qui donnent à l’internaute une idée générale des sujets qui vont être traités. Attention toutefois à ne pas les rendre trop génériques.
  • Débutez par les mots les plus importants et qui donnent le plus d’informations. N’oubliez pas que vos lecteurs scannent le contenu, et particulièrement le début des lignes.
  • Utilisez un langage clair et direct. Rien de pire qu’un titre énigmatique ou complexe à comprendre pour perdre votre lectorat.
  • Rendez-les bien visible : taille de police différente, usage du gras ou d’une couleur différente… nombreuses sont les possibilités pour faire ressortir vos titres. Utilisez-les !
Exemple d’utilisation de différents niveaux de titres pour structurer le contenu

3. Donnez du rythme

Une fois que vous avez réussi à capter l’attention de votre lecteur, commence un autre challenge : la conserver.

Pour cela, votre plus grand ennemi est la monotonie et votre plus grand atout : le rythme.

Voici quelques astuces pour donner du rythme à vos contenus :

  • Alternez contenus textuels et contenus visuels (photo, schéma, vidéo…).  Bien utilisés, les visuels sont des outils puissants car ils sont vus avant les textes et accrochent donc facilement l’œil. Attention toutefois au choix du visuel, qui doit apporter quelque chose et ne pas être simplement décoratif. Si vous utilisez une banque d’image gratuite, évitez les images « passe-partout » qu’on retrouve sur tous les sites web
  • Jouez avec les options de mise en page à votre disposition : colonage, verbatim, exergue, indentation, utilisation de largeurs différentes, de nombreuses options sont envisageables.

Attention toutefois à garder une certaine logique dans votre mise en page et à ne pas vouloir trop en faire.

Exemple jouant sur les variations de mise en page pour donner du rythme

4. Raccourcissez, simplifiez, dynamisez votre syntaxe

Nous l’avons vu, il est important de fractionner votre contenu en paragraphes courts. Il en est de même pour vos phrases.

L’écriture pour le web exige précision et pertinence. Loin de tirer la qualité de vos écrits vers le bas et d’appauvrir le langage, la recherche de la simplicité et de l’efficacité contraint et stimule le rédacteur, autant qu’elle satisfait le lecteur.

Voici quelques conseils pour fluidifier vos contenus :

Commencez par l’essentiel :

Oubliez la structure thèse-antithèse-synthèse apprise au lycée. Sur le web, il est recommandé de commencer par le contenu le plus important, pour affiner par la suite (ce que l’on appelle la structure en pyramide inversée ou en entonnoir).

Soyez concis :

Un texte condensé et riche sera plus agréable à lire qu’un écrit qui part dans tous les sens.

La concision vient avec l’expérience. Si vous avez du mal à rédiger de façon concise, voici une astuce : rédigez un premier jet, revenez dessus quelques heures plus tard et essayez de supprimer ou de reformuler tout ce qui peut l’être, sans que cela nuise au sens.

Cela peut être : des digressions, des poncifs, des redondances, des tournures qui n’apportent rien… bref, tout ce qui n’est pas indispensable.

Cherchez le mot juste :

Cette astuce est probablement la plus complexe et celle qui vous demandera le plus d’efforts. Elle est donc à réserver aux publications les plus importantes.

Vous pouvez commencer par identifier vos tics d’écriture. Faites également la chasse aux mots dits « passe-partout » (avoir, mettre, pouvoir, permettre, dire, optimiser…) qui sont faibles en sens et sont sur-employés.

Quelques exemples  :

  • « Vous allez apprendre à » → « vous apprendrez »,
  • « Vous pourrez découvrir les avantages » → « vous découvrirez les avantages »,
  • « L’entreprise a eu le trophée » → « L’entreprise a remporté le trophée »
  • « Cela vous permet d’écrire plus efficacement » → « Vous écrivez plus efficacement »

Personnellement, un des outils que j’utilise le plus quand j’écris, c’est un dictionnaire des synonymes. Il m’aide à varier mon vocabulaire, et donc à l’enrichir.

Utilisez une syntaxe simple (mais pas simpliste) :

Oubliez les fioritures et les tournures alambiquées. La rédaction web ne se prête pas aux envolées lyriques.

Parmi les tournures à favoriser :

  • l’écriture au présent, plus dynamique,
  • la voix active (en opposition à la voix passive),
  • les affirmations plutôt que les négations (surtout pour les appels à l’action),
  • l’emploi des termes exacts, plutôt que des périphrases

Cet article vous a présenté quelques règles et astuces pour améliorer la lisibilité de vos contenus web. Ce ne sont toutefois que des exemples parmi tant d’autres. Elles ne sont pas non plus à prendre au pied de la lettre. À vous de juger quelles règles s’appliquent à votre cas et d’apprendre à jouer avec elles.

Vous avez envie d’avoir un point de vue extérieur sur vos contenus ? L’analyse de la lisibilité fait partie des plus de 100 critères que j’étudie lorsque je réalise un audit de site web. Contactez-moi pour en savoir plus.

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