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Rédaction web : focus sur le FALC

Le FALC (pour Facile à Lire et à Comprendre) est une méthode d’écriture créée pour répondre à la problématique suivante :

Comment communiquer par écrit avec une personne qui lit mal, dont l’attention est limitée, ou qui comprend mal le français ?

Découvrez ce qu’est la méthode FALC et pourquoi vous devriez la considérer dans la stratégie de production de contenu de votre entreprise.

En communication, quelle que soit l’information que vous souhaitez transmettre, il y a 3 composantes immuables :

  • l’émetteur (vous)
  • le canal (site web, vidéo, e-mail…)
  • et le récepteur.

Ça, c’est la théorie.

Dans la pratique, il peut y avoir ce que l’on appelle des interférences.
Elles peuvent être externes au récepteur (mauvaise connexion, panne de serveur, boîte mail pleine…) ou internes (perte de concentration, méconnaissance de la langue, incompréhension de certains termes utilisés…).

Ces éléments vont déformer l’information reçue.
Or, quand une entreprise communique, elle cherche à ce que le message soit reçu et compris par le plus grand nombre.

Cela peut s’avérer complexe quand on s’adresse à des cibles très variées, voire « à tout le monde », comme c’est souvent le cas dans un contexte B2C.

Comment communiquer auprès d’une personne dont les facultés cognitives sont différentes, ou qui maîtrise mal le français écrit ?

Le FALC est une des réponses à cette problématique.

Sommaire

Qu’est-ce que le FALC ?

Le FALC est une méthode de simplification d’un contenu écrit.

Plus concrètement, l’objectif de cette méthode est de prendre un texte écrit en français « courant » et de le simplifier pour le rendre accessible au plus grand nombre.

Il s’agit donc d’une méthode et non d’une langue à part entière (contrairement à la Langue des Signes Française (LSF), par exemple).

La méthode FALC s’articule autour de 5 grands principes :

  1. L’utilisation de mots connus par les personnes concernées par l’information.
  2. Une concentration sur l’information essentielle du document.
  3. Une parfaite connaissance de son audience et de ses besoins.
  4. Le choix du support adapté à la cible.
  5. L’implication des personnes handicapées intellectuellement.

Le 5ᵉ principe est particulièrement important. En effet, les personnes handicapées savent mieux que les autres ce dont elles ont besoin pour comprendre les informations.

Ce postulat est la base du manifeste « N’écrivez pas pour nous sans nous ! » de l’Unapei.

Les contenus simplifiés dans le respect de la méthode FALC sont identifiables grâce à ce logo :

Logo permettant d’identifier un contenu en FALC

Qui a inventé le FALC ?

Les premières ébauches de méthodes de simplification du langage viennent des États-Unis, dans les années 1970.

En Europe, dès 1988, la Ligue Internationale des Associations pour les Personnes Handicapées mentales (devenue depuis Inclusion Europe) rédige les Directives européennes pour la production d’information dans un langage clair.

Toutefois, il faudra attendre 2009 pour que la méthode FALC soit créée par des associations et organisations issues de huit pays européens.

Il s’agit donc d’un projet européen.
Par exemple, l’Angleterre a développé la méthode Easy Read et l’Espagne la méthode Lectura fácil.

En France, le droit à l’information des personnes handicapées mentales est principalement défendu par deux associations : l’Unapei et Nous Aussi.

Pourquoi avoir créé le FALC ?

Le FALC a été créé avec un objectif clair :
Rendre tous les humains égaux face à l’information.

Son objectif principal est donc de lutter contre l’exclusion. Il contribue également à autonomiser les personnes handicapées mentales.

En effet, l’accès à l’information et sa compréhension est un enjeu crucial pour ces personnes, qui sont souvent oubliées par les grandes campagnes de communication.

De plus, un langage simplifié profite aux personnes âgées, dyslexiques, illettrées ou ne maîtrisant pas la langue française.

De manière générale, la simplification de certains contenus techniques ou juridiques est utile à toute la population.

Quels documents peuvent être rédigés en FALC ?

En théorie, n’importe quel type de contenu peut être transcrit en FALC.

Dans les faits, ce sont essentiellement les documents qui ont pour vocation à être partagés et lus par des personnes déficientes mentales qui le sont.

Quelques exemples :

  • compte rendu de réunion,
  • règlement intérieur,
  • mode d’emploi,
  • facture,
  • invitation à un événement,
  • recette de cuisine,
  • courrier type,
  • programme d’un événement,
  • guide touristique,
  • plan d’une ville ou d’un bâtiment,
  • descriptif d’un produit,
  • livre…

Sur le web, certains sites traduisent les contenus principaux, d’autres sont conçus intégralement en FALC :

Quelques règles pour rédiger en FALC

Il existe en tout 53 règles pour rédiger en FALC.

En voici les principales :

  • La police de référence est Arial, 14 px minimum.
    Vous pouvez utiliser d’autres polices, mais elles ne doivent pas être plus petites que cette valeur étalon. Surtout, elles doivent être sans empattement (sans serif).
  • Choisir le format adapté à la cible : pour certaines personnes et dans certains contextes, une vidéo ou un contenu interactif sera plus efficace qu’un texte, aussi simple soit-il.
    Il est donc essentiel de bien connaître sa cible et ses besoins.
  • Ne pas utiliser de métaphore : ces dernières ne sont pas toujours bien comprises par les publics cible et peuvent être pris au sens littéral.
  • Utilisez des mots simples. Si vous utilisez des mots compliqués, il vous faudra les définir.
    Attention : l’objectif n’est pas d’infantiliser votre lectorat, mais de vous assurer que l’information soit comprise.
  • Pas de mots étrangers, sauf s’ils sont répandus dans la langue française.
    Par exemple, le terme « scroller » sera proscrit, en revanche « e-mail » peut être envisagé.
  • Faire des phrases courtes : idéalement, une phrase par ligne.
    Privilégiez l’usage du point et la création d’une nouvelle phrase plutôt que de mettre une virgule ou un « et ».
  • Adressez-vous directement au lecteur ou à la lectrice (utilisation du « tu » ou du « vous »).
  • Évitez la négation (encore plus la double ou triple négation !).
  • Proscrire l’italique, qui complexifie la lecture.
  • Choisir des visuels clairs et explicites, avec peu d’informations à regarder.
    De préférence, utilisez le même style de visuels tout au long du document.
  • Écrire les dates en entier.
    Cela en facilite la lecture et évite une éventuelle confusion avec le format américain, fréquemment utilisé sur le web.
  • Attention à l’utilisation des pronoms qui remplacent le nom d’une personne : il est conseillé de renommer la personne à chaque fois.

Retrouvez l’ensemble des 53 règles (en PDF) sur le site de l’Unapei.

Comme vous pouvez le voir, rédiger en FALC est peu complexe.
Il est toutefois essentiel d’écrire votre texte AVEC des personnes en situation de handicap mental pour vous assurer qu’il sera compris par ces personnes.

Ce qu’il faut retenir sur le FALC (Facile à lire et à comprendre) :

  • Le FALC est une méthode de simplification de contenu destinée aux personnes ayant des difficultés à lire.
  • Il se développe de plus en plus, notamment auprès des collectivités. Certains sites proposent des sections entières rédigées en FALC.
  • Un logo permet d’identifier les contenus en FALC.
  • Il existe 5 grands principes et 53 règles de rédaction.
  • Un des principes essentiels est la pleine intégration de personnes handicapées mentales dans le processus de rédaction.
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