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02. Réussir ses débuts sur LinkedIn, avec Antoine Roquis

Ceci est la transcription textuelle de l’épisode n°2 du podcast « Le Barboteur » disponible sur votre plateforme d’écoute préférée.

Épisode enregistré le 08 septembre 2022 et diffusé le 25 octobre 2022.

Sommaire

Introduction

Aujourd’hui, je te propose de découvrir le témoignage d’Antoine.

Antoine a fait ses grands débuts sur LinkedIn en juillet 2022 et s’est rapidement fait remarquer pour son univers coloré et décalé.

Dans cet épisode, nous allons découvrir quelle a été sa stratégie. Quelles sont ses méthodes et surtout comment il arrive à faire communiquer un perroquet avec un ananas.

Portrait d'Antoine Roquis
Antoine Roquis – Profil LinkedIn

Présentation d’Antoine

Laurent : Salut Antoine. On va échanger ensemble, pendant cette conversation, sur comment réussir son arrivée sur LinkedIn.

Je te propose de rentrer dans le vif du sujet et de commencer par une mise en situation.

Imagine, tu arrives dans une soirée, tu ne connais personne.
Petit à petit, tu te greffes à un groupe, tu commences à discuter et on te pose la question fatidique : « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ». 

Qu’est-ce que tu réponds à cette question ?

Antoine : Qu’est-ce que je réponds à cette question ?

Je réponds que je suis entrepreneur et qu’actuellement je suis en train de lancer une nouvelle activité où je veux aider des freelances et des studios spécialisés dans le digital à vendre mieux leurs projets.

Pour cela, je suis en train de monter une audience sur LinkedIn et de faire avec eux des interviews pour essayer de proposer le service qui soit le plus adapté possible à leurs besoins.

Laurent : T’as travaillé ton pitch, non ? 😄

Antoine : Un peu. 😆

Je suis en train de l’affiner. C’est vraiment pour ça que je suis sur LinkedIn et c’est aussi à ça que me sert la communauté.

Laurent : D’accord. On va y revenir après.

Tu te présentes comme quelqu’un qui fait de la vente éthique et de la coopération inventive. Est-ce que tu peux expliquer ce que c’est ?

Sa vision de la vente éthique

Antoine : Je pense qu’effectivement il y a plusieurs manières de voir la vente.

Il y en a une qui est peut-être assez clichée, qui est celle du loup qui est là pour l’argent.

On retrouve ça dans des méthodes de vente qui ne me conviennent pas et qui sont assez agressives. Je pense qu’on est tous embêtés à un moment donné, le temps de midi ou à partir de 18h par des appels non sollicités.

Donc, pour moi, la vente éthique c’est un système de vente qui se passe de toutes ces manières de faire qui ne sont pas sollicités, qui ne sont pas intéressantes et qui ne mettent pas l’autre au centre de l’attention.

Voilà dans un premier temps ce que je peux dire sur la vente éthique.

Et, moi, je vends des projets.

Donc au-delà de vendre et de juste réfléchir à la technique de vente – à savoir comment je vais pouvoir « manipuler quelqu’un » pour qu’il achète mon produit (ce qui m’intéresse pas du tout) – je pense que la vente et la vente éthique c’est une vente qui s’occupe d’abord et avant tout de proposer le produit le plus adapté possible aux besoins réels de quelqu’un.

C’est pour cela que ça devient éthique.

À partir de là, il va falloir inventer ce projet. Et donc c’est plutôt en ça que je crois.

Cette vente-là est éthique parce qu’elle se passe de tout ce qui n’est pas en adéquation de valeur avec ce que je crois et parce qu’elle se centre d’abord sur la personne.

Laurent : D’accord. Effectivement, il y a du taf pour changer un peu le regard sur la vente !

Antoine : Ouais, je pense. En même temps, c’est vraiment attendu.

C’est-à-dire que dans mon parcours, j’essaie quand même de parler à des gens qui ont des valeurs proches des miennes. Et j’en trouve de plus en plus et ils attendent de plus en plus cela. Surtout chez des gens qui n’ont pas forcément fait des études de commerce et qui n’osent pas vendre, parce qu’ils ont cette réticence et cette vision un petit peu désagréable du métier de la vente.

Et moi un des sujets que j’essaie de leur apporter aussi, c’est de dire : « Osez vendre, parce que le meilleur expert de votre métier c’est vous » et que ce n’est pas quelque chose de malsain.

Laurent : On va en parler après, mais un de tes posts qui a le mieux fonctionné sur LinkedIn, c’est un post où tu dénonces les 5 bonnes raisons de détester la vente.

C’est aussi quelque chose qui revient souvent dans les thèmes abordés dans tes prises de parole.

Sa définition de la créativité

Laurent : Je te propose de rentrer dans le vif du sujet, maintenant qu’on te connaît un peu mieux.

Un des sujets auxquels je m’intéresse beaucoup dans le podcast, c’est la notion de créativité et de création.

J’avais envie, pour commencer de te poser quelques questions, autour de ce thème-là.

Pour toi, que signifie être créatif ?

Antoine : Ok. Alors j’aborde la chose depuis pas longtemps, donc je parle à la hauteur de ce que je connais.

Moi je vois 3 choses qui m’ont beaucoup fait réfléchir dans ce que j’ai déjà fait :

  1. D’une ce n’est pas divin.
  2. De deux, c’est de la pratique.
  3. Et de trois, c’est apprendre à mettre en musique et à orchestrer.

Je vais peut-être détailler un petit peu plus :

Pour moi, le problème avec l’utilisation du mot « créatif » tel qu’on l’utilise habituellement, c’est qu’on imagine tout de suite, un artiste hyper inspiré.

D’ailleurs, on juge généralement les artistes sur des productions finies, sur leur chef-d’œuvre et du coup, on se sent assez mal à l’aise. On entend plein de gens dire, « moi je ne suis pas créatif » et du coup ne pas essayer. 

Déjà je pense que la créativité ce n’est pas quelque chose qui est obligatoirement lié à un domaine artistique, dont on se sent parfois étranger.

Et il n’y a pas d’inspiration qui tombe du ciel. Je pense qu’on est plutôt sur une notion de muscle.

Je dirais qu’être créatif, ben c’est créer. Aussi bêtement.

À partir du moment où tu fais (en partant du principe que tu ne fais pas juste parce qu’il faut faire et que tu n’appliques pas un modèle préconçu sans réfléchir) et que tu essayes de créer du contenu, d’en faire quelque chose d’intéressant et qu’à chaque fois tu essayes de t’améliorer, là je pense qu’on est vraiment dans du travail créatif.

Selon moi, il y a un moment de préparation, un moment où tu délivres ton travail et le moment où tu réfléchis et tu essaies d’intégrer quelque chose de nouveau.

Tu apportes un regard un peu critique sur ce que tu as fait, pour améliorer, pour automatiser certaines choses… Pour moi être créatif, c’est d’abord ça.

Laurent : Tu soulèves un point intéressant : il a plein de façons d’être créatif.

On peut même être créatif dans sa façon de vendre, par exemple. Effectivement, la créativité est à plein d’endroits différents.

Antoine : Absolument.

On peut être créatif dans la vente, bien sûr. En fait, à chaque fois que l’on va avoir une occasion d’inventer des choses et que l’on essaye de trouver une solution originale, j’ai l’impression qu’on est dans la créativité.

Après je ne revendique pas le fait d’avoir la définition du mot.

Laurent : Ce n’est pas le but non plus.

Justement, l’idée de ce podcast, c’est aussi de coconstruire une définition de la créativité.

Peut-on encore innover en création de contenu web ?

Laurent : Quand tu crées du contenu sur le web, tu as cette notion qui dit que tous les sujets ont déjà été traités, mais pas forcément sous le même angle.

Finalement, ce que l’on crée, c’est juste un nouvel angle et pas des nouvelles idées. Est-ce que tu as aussi cette impression ?

Antoine : C’est difficile à dire.

Je vais me placer plutôt du côté de celui ou celle qui vient créer du contenu sur une expertise professionnelle. Moi, je vais créer du contenu sur la gestion de projet ou la vente de projets.

Je pense, effectivement, qu’il y a assez de contenu qui a été créé.

Est-ce que tout a été dit ? Je ne suis pas sûr, mais ça paraît assez logique finalement, que dans un livre, dans un podcast ou autre part, on ait déjà énormément d’informations.

Et c’est vrai que souvent, on dit aux créateurs débutants que tout a été dit, donc il faut se lancer et je suis assez d’accord avec ça.

Il y aura toujours quelqu’un qui ne l’aura pas entendu.

Finalement, sur LinkedIn, par exemple, quand je dis quelque chose que j’ai déjà vu ou entendu autre part, j’ai des gens qui commentent et qui me disent : « C’est super, je ne connaissais pas ». C’est quelque chose d’important.

Après, il faut aussi prendre en compte la manière dont tu l’apportes, pourquoi tu l’apportes et comment tu en arrives là.

Ça va être assez important dans ta manière d’apporter les choses. Et cela va leur donner une teinte particulière, et à tes contenus, qui vont parler à des personnes particulières.

Ce n’est pas parce que tout a été dit que tout le monde l’a entendu.
Et ce n’est pas parce que tout a été dit que la manière dont tu vas le dire, toi ne peut pas apporter un vrai quelque chose.

Laurent : Effectivement.

Après, ce n’est pas tant le fait de dire quelque chose qui compte. Ce qui compte, c’est de le dire avec des mots différents, qui font que ça va raisonner différemment chez la personne qui va te lire.

C’est intéressant ce que tu dis sur le côté « tout a été dit mais pas forcément entendu ».

Je le ressens aussi. Des fois je publie des trucs qui me semblent tellement évident pour moi, mais, par rapport à mon audience, je leur ai appris quelque chose.

De l’importance de regarder sans se comparer

Antoine : Oui, je pense que c’est ça.

Il faut aussi avoir une bonne vision de la cible à qui tu t’adresses. Et ça permet de faire tomber des barrières.

Ce qu’on dit souvent à quelqu’un qui se lance, notamment sur LinkedIn, et que j’ai beaucoup lu (et ça m’a fait du bien), c’est que si tu vas prendre les gros comptes qui vont vachement t’impressionner et que tu te compares à eux, jamais tu n’écriras.

Jamais tu n’oseras écrire ou poster un message. Parce que c’est trop impressionnant.

Sauf que ces comptes, ils ont déjà X années de stratégies et surtout d’expérience. Quand tu te lances, si tu commences à te comparer, tu n’y vas pas.

Laurent : Il faut regarder, mais pas se comparer.

Antoine : Voilà.

Il faut regarder, s’inspirer, essayer de comprendre, mais il faut se dire que ce n’est pas à cette personne que tu parles et que ce n’est pas à sa cible que tu t’adresses. C’est à ta cible, à toi.

Par exemple, si tu décides de lancer ton compte LinkedIn et de parler de communication aux petites associations locales, t’as quand même beaucoup de choses à leur apporter.

Parce que, elles, ne suivent pas tout plein d’autres comptes en communication.

Laurent : Je suis assez en phase avec toi.

Ça pose aussi la question, de la connaissance de ta cible. Il faut bien connaître ta cible et ton audience.

Après, il faut aussi que tu trouves de la diversité dans tes inspirations. C’est un peu la difficulté quand tu te lances.

Spontanément tu vois toujours les grands noms qui reviennent partout, qui cartonnent sur LinkedIn.

Selon moi, tu as donc deux enjeux :

  1. Connaître ton audience.
  2. Ne pas te laisser perturber et distraire par des comptes beaucoup plus puissants que toi.

Antoine : Je pense que tu as deux choses.

Il faut aller regarder un petit peu les codes qu’ils utilisent.
(D’ailleurs, les codes, on pourrait en parler longtemps. C’est un peu comme dans tout : tout le monde a envie de casser les codes. Mais personne n’a jamais cassé les codes sans les connaître.).

Donc on commence par aller voir les codes et apprendre les bonnes pratiques. De là, quand aura construit une communauté, on peut plus facilement s’affranchir des codes.

Le but ce n’est pas de tout pomper et de tout faire exactement comme les autres. Au contraire, il faut essayer d’avoir une authenticité, une petite touche personnelle. Mais, au début, faire et refaire sans cesse, c’est ça qui va permettre d’affiner sa touche personnelle.

Après, il y a quand même des codes, que ce soit dans l’accroche ou dans la manière de construire un post auxquels il faut faire attention.

Laurent : On va terminer sur les questions « prise de hauteur » et après, on rentrera dans les aspects plus pratiques. Et on verra comment, toi, tu optimises tes posts.

Si on revient en arrière, qu’est-ce qui t’a motivé à prendre la parole sur LinkedIn et à devenir actif ?

Antoine : L’importance pour mon nouveau projet d’avoir potentiellement une caisse de résonance ainsi qu’une sorte de laboratoire avec des gens avec lesquels je pourrais potentiellement cocréer et avec qui je pourrais donner forme à ma nouvelle activité.

Laurent : Donc tu mets ta production de contenu au service de ta nouvelle activité et de la construction de ton offre. Et, j’imagine demain, sur la promotion de cette offre ?

L’importance de la communauté

Antoine : Alors, oui, là, c’est pour ça que j’y suis venu.

Après je pense que le fait de créer du contenu peut dépasser ce cadre. C’est-à-dire que demain je peux planter mon activité ou me rendre compte qu’il n’y a pas les débouchés que j’imaginais, ce n’est pas grave, je peux pivoter.

À partir du moment où je ne pivote pas à 360° en disant : je vais vendre des armes dans je ne sais pas quel pays, la communauté, elle est là. Finalement, ça crée des liens. 

C’est quelque chose d’important à rajouter.

Tout à l’heure, en parlant de communauté, on parlait de créer du contenu, de faire des posts. Mais, en fait, il y a tout le travail qui va autour de ça : aller commenter les autres posts, répondre aux commentaires qu’on a et surtout, rentrer en discussion avec des personnes. Je pense que ce travail peut apporter beaucoup de richesses.

Je le vois bien dans les rencontres que je fais. Aujourd’hui, j’ai deux mois avec la création de contenu, j’ai commencé par faire des interviews, j’ai eu aucun mal à trouver des gens à interviewer.

Mais j’ai aussi réussi à faire des rendez-vous de proposition d’une première offre que j’ai affiné et construit avec eux en live et sur laquelle j’ai des retours qui sont super bons. Et je pense être à pas grand-chose de réaliser la première vente.

Je trouve qu’en 2 mois sur la construction d’une offre, alors que je n’avais jamais publié de contenu sur LinkedIn, c’est déjà énorme.

Et ça s’est fait avec beaucoup de bienveillance. Je pense que quand tu viens sur un réseau social, tu es là pour jouer le jeu social.

Tu n’es pas dans ce que je définissais tout à l’heure, c’est-à-dire le truc un peu agressif : « Salut mes services, c’est ça, est-ce que ça t’intéresse ? ». 

Non, tu dis : « Salut, j’aime vraiment ce que tu défends et ce que tu montres sur ton profil. Ça m’intéresserait d’en discuter ».

Pour le moment, personne ne m’a ne m’a dit non pour prendre un café à là-dessus. 

Laurent : Tu soulèves un point intéressant, que de nombreux créateurs et créatrices de contenu parfois négligent, c’est le côté social d’un réseau social.

Là on parle de LinkedIn, mais je pense que c’est valable aussi pour d’autres réseaux type Facebook, Instagram, Tik Tok et ainsi de suite.

À partir du moment où tu publies du contenu, que tu as des commentaires, des interactions, c’est aussi à toi d’interagir avec la communauté.

C’est ta communauté qui fait que tes contenus ont de la portée, sont lus ou sont écoutés, selon le média.

Je trouve ton approche intéressante car tu as une approche très humaine sur un réseau qui par définition est dématérialisé et virtuel.

Antoine : Ouais bien sûr.

Il ne faut pas non plus se mentir : pourquoi est-ce qu’on vient au début ?

Ben pour trouver des partenaires, pour trouver des clients, parce qu’on a un service et puis on espère que ça puisse aider à faire du chiffre.

La personne qui dit qu’elle fait que donner et qui s’intéresse pas du tout à ça, elle ment. Mais au-delà de ça, ce n’est pas le seul objectif. Ce n’est pas le seul intérêt.

Et c’est vrai que le fait de créer du contenu ça permet de prendre la parole sur son domaine d’expertise. (Même si je pense qu’il n’y a pas d’experts absolu en tout non plus.).

Et moi, ça m’intéresse aussi quand je prends la parole, d’aller mesurer un peu ce que je peux dire à la réaction des gens : est-ce que ça leur parle ? Est-ce que ça ne leur parle pas ? Est-ce que je me prends un taquet parce que j’ai dit une connerie ?

Parce que ça peut arriver.

Quand on écrit un poste, on a sa manière de voir à soi et quelqu’un peut te dire : « ouais, mais là, ce que tu dis, ce n’est pas vrai » et en fait, tu comprends la manière dont il le voit lui. En fait, ça peut te faire grandir aussi.

Il y a vraiment une expérience par rapport à ça qui peut être assez intéressante.

Et comme je suis en train de me lancer dans de l’accompagnement, c’est intéressant pour moi d’aller voir comment les gens reçoivent ce que je donne sur un contenu professionnel.

Ça me permet aussi de gagner en pertinence, en fluidité, dans la manière de présenter les choses. Et de savoir là où il faut que je revoie un peu la manière de dire certaines choses.

Parce que je suis en train de passer de « j’ai 10 ans d’expérience et 10 ans de compétences dans un métier » à « j’accompagne les gens à le faire ».

Donc même si j’ai toujours eu un métier avec beaucoup d’humain, avec beaucoup de rencontres, il y a quand même des choses à revalider là-dedans.

C’est pour cela que je trouve que c’est intéressant comme filtre dans mon contexte.

Ses débuts sur LinkedIn

Laurent : Je te propose de rentrer vraiment dans les détails pratico-pratiques.

Sans tricher, sans aller sur ton fil, est-ce que tu te souviens de ton premier post ?

Antoine : Alors ça dépend ce qu’on appelle mon premier post.

En fait, le compte je l’ai créé il y a 8 ans, ou quelque chose comme ça, et j’ai juste accepté les demandes de contact et voilà.

Donc, j’ai dû repartager un poste, j’imagine.

Laurent : C’est ça.

Ton premier message sur LinkedIn date d’il y a 9 ans. Tu partageais juste un article d’un site anglais qui parlait des recrutements des moutons à 5 pattes.

Antoine : C’était avant d’être entrepreneur. 😄

Laurent : C’est ça.

La raison pour laquelle j’en parle, et c’est ce que je trouve intéressant dans ton parcours sur LinkedIn (qui est assez similaire à celui de millions de personnes), c’est que tu as créé ton compte, il était là, il vivotait, tu n’étais pas très actif.

Quand on regarde ton historique de publication, tu as eu ce premier post, il y a 9 ans. Puis, plus rien pendant 4 ans.

Puis, tu t’es remis à partager 2-3 trucs par-ci par-là. Puis encore plus rien pendant 2 ans.

Et il y a quelques années, tu t’es remis à repartager ou à publier de temps en temps des choses.

Jusqu’à juillet 2022 où tu fais ton entrée fracassante sur LinkedIn.

J’en parle parce que tu as énormément de personnes qui fonctionnent aussi comme cela.

Et, ce n’est pas parce que tu n’as rien publié pendant 10 ans que tu ne peux pas, du jour au lendemain, te mettre à publier et avoir des résultats. Et tu en es la preuve vivante.

Antoine : Oui, absolument. Il faut y aller !

Laurent : Je te propose de s’attarder sur comment tu as préparé ton arrivée sur LinkedIn.

Ça fait quelques années qu’on se connaît d’un point de vue professionnel et qu’on se suit mutuellement sur LinkedIn.

Mais, de mon point de vue, tu étais quasiment invisible dans mon flux. Logique, tu publiais très peu.

Et, quasiment du jour au lendemain, je t’ai vu arriver en mode « je défonce la porte ».

Antoine : Désolé, je te payerai les réparations, s’il faut réparer la porte. 😅

Laurent : Ne t’inquiète pas, elle est bien grande ouverte comme ça. 😉

J’ai envie d’en savoir plus sur ta préparation. Est-ce que tu as pris du temps pour analyser les codes ?

J’ai l’impression, quand je décortique un peu tes posts, que tu appliques tous les conseils qu’on peut donner quand on se lance sur LinkedIn.

Est-ce que c’est quelque chose qui est spontané chez toi ou tu as quand même pris du temps pour bien lire les bonnes pratiques, regardez les gros créateurs de contenu…

Bref, comment as-tu préparé ton arrivée ?

Antoine : Alors je n’ai pas trop préparé mon arrivée.

Laurent : Donc c’est juste le talent. 😄

Antoine : Alors non ! 😅

On m’a aidé à préparer mon arrivée.

C’est-à-dire que j’ai commencé à interagir un tout petit peu sur d’autres posts et aller lire des trucs, mais je me sentais complètement perdu sur LinkedIn.

Et puis, je travaille quand même avec quelqu’un, Manon Verbeke, qui avait déjà commencé à produire du contenu depuis un an.

Du coup, elle m’a fait une petite formation, en mode ultra-rapide. Elle m’a notamment expliqué le concept du TOFU, BOFU, MOFU.

Sa stratégie pour écrire des posts percutants

La stratégie TOFU, BOFU, MOFU

Laurent : Tu peux peut-être expliquer ce concept, pour ceux qui ne connaissent pas ?

Antoine : Quand on crée du contenu, il y a plusieurs types de sujets ou plusieurs « cercles » de personnes à qui on va pouvoir s’adresser.

On va dire que le cercle le plus large, les posts TOFU (Top Of The Funnel), désigne ce qui va parler à la plus large audience de personnes.

Si je parle de ce que c’est d’être papa, par exemple, ça va parler à environ 50 % de la population. Peut-être même 100% parce que les mamans, ça peut aussi les intéresser de lire un truc là-dessus.

Ensuite, on va avoir tout ce qui est intermédiaire où je vais parler, par exemple, de comment est-ce que je fais pour entreprendre. Et là, potentiellement, je vais parler plutôt à des gens qui sont des autres entrepreneurs. Ça va être toute la strate du milieu. C’est ce qu’on appelle le MOFU (Middle Of The Funnel).

Et ce qu’on appelle le BOFU (Bottom Of The Funnel), c’est le cercle plus restreint des gens qui vont être potentiellement intéressés par mes services. Et eux, je vais leur donner des conseils hyper actionnables sur comment créer une proposition de vente pour vendre tes projets.

Laurent : En gros, c’est un peu l’image de l’entonnoir. Tu as d’abord des messages très génériques, très larges et au fur et à mesure, tu resserres sur des posts un peu plus commerciaux.

Antoine : Ouais c’est ça. Attention toutefois quand tu dis « commercial ».

Il faut y aller en douceur. C’est plutôt des posts qui vont parler de ton expertise, de ton métier. Le post commercial qui vante tes services, celui-là il faut y aller en douceur.

Laurent : On est d’accord.

Après, de mon point de vue, je pense qu’il faut quand même parler de ton offre.

Ça peut être, par exemple, en expliquant la façon dont tu envisages ton offre ou ton métier. Pour moi, c’est plutôt quelque chose qui est entre les lignes.

Le but n’est pas de dire : « Je fais ça, ça coûte autant, appelez-moi ! ». Ça n’a aucun intérêt.

Antoine : Je pense, et c’est important de le dire, le gros écueil à éviter c’est d’avoir une communication descendante.

Il y a beaucoup de marques qui ont voulu faire ça. On parlait tout à l’heure de communauté : on n’est pas sur quelque chose de descendant.

On ne peut pas venir sur LinkedIn et mettre sa pub pour son service en mode « Salut, je vends ça, ça et ça ». Je pense que tout le monde s’en fout.

L’idéal, c’est d’arriver à créer une communauté en trouvant un point de contact équilibré entre la personne que l’on est et l’expertise que l’on vient apporter. Pour y arriver, il faut donner à voir qui l’on est et en quoi on est expert. Là on va convaincre des gens.

Effectivement, de temps en temps, à la fin d’un post, on peut dire « si tu veux aller plus loin, je suis dispo, prends rendez-vous avec moi ». Il peut y avoir un appel à l’action. 

C’est forcément sur les posts les plus resserrés et les plus experts qu’on va déclencher des actes qui transforment un lecteur en potentiel client. En tout cas en quelqu’un qui vient te parler pour te demander de l’aide.

Laurent : Je remarque aussi que de nombreux créateurs de contenu, surtout anglo-saxons, dans les premiers commentaires, renvoient vers leur newsletter, par exemple.

En tout cas, ils renvoient vers un canal qui leur appartient.

Antoine : Ouais, ça peut être ça.

Personnellement, je n’ai pas de newsletter. Mais, par exemple, je peux renvoyer de temps en temps plutôt vers mon Calendly.

Je pense qu’il faut toujours commencer par donner des billes à la personne sur un sujet, un besoin qui est le sien.

Et, effectivement, si elle se dit qu’elle a besoin d’être accompagnée, là, elle va revenir.

Mais il faut toujours commencer par donner quelque chose. Ça ne marchera jamais en disant : « c’est moi que v’là, je suis expert là-dedans, appelle-moi. ».

Son arme secrète : la relecture par des pairs

Laurent : Pour continuer sur tes débuts, tu as donc suivi une mini formation avec Manon ?

Antoine : Alors ouais, pour revenir au sujet initial : mini formation avec elle.

Par contre, et ça change la donne et ça va t’expliquer pas mal de choses : on collabore ensemble.

C’est vraiment quelque chose que je recommande si vous avez d’autres personnes qui sont un peu dans le même cas que vous. Faites-vous une espèce de board de collaboration.

Personnellement, je collabore avec deux filles qui se lancent en création de contenu avec qui on échange.

Cela permet, avant de cliquer sur Publier, de vérifier la bonne compréhension du post par les autres. Je me prends souvent des taquets du genre « Mec, là il va falloir faire un peu mieux. J’ai pas compris de quoi tu parlais. ». 

Et ça, c’est un très bon filtre. Ça explique aussi le gain de temps parce que je bénéficie un peu du regard des autres et d’une espèce de filtre.

Après, ça ne fait pas tout non plus. De toute façon le but, et c’est comme cela qu’on réfléchit ensemble, ce n’est pas d’attendre que ton post soit parfait. Sinon, tu es mal barré.

Alors au début, on va mettre du temps à écrire nos posts. Et ça me prend encore quand même pas mal de temps (même s’il y en a qui sont plus rapides que d’autres à écrire).

Par contre, on va valider ensemble le fait qu’il n’y ait pas d’incompréhensions majeures. Elles peuvent me mettre le nez sur une accroche qui est vraiment toute nulle et sur laquelle personne n’aura envie de cliquer.

Ça fait du bien parce que quand on a produit un post de plusieurs centaines de mots, il y a toujours un petit parent pauvre à l’intérieur. Ce n’est pas magique et ça aide à débloquer certains sujets.

Après, il faut quand même y aller et publier. Le post ne sera pas parfait, mais tant pis.

Laurent : C’est hyper intéressant d’avoir ce regard extérieur et, comme tu le dis, ça fait gagner beaucoup de temps.

Et, ça évite de faire pas mal d’erreurs aussi. Là, on t’empêche de les faire en fait ou on t’empêche de les publier.

Antoine : Ou pas ! 😅

Ou alors elles me laissent la faire pour que je l’apprenne vraiment. Ça marche aussi bien. Dans les faits, on ne peut pas passer non plus notre vie à relire les posts de tout le monde.

Ses critères de qualité

Laurent : Tu as ce filtre de Manon et de l’autre personne avec qui tu échanges régulièrement, mais comment tu fais, toi, pour juger qu’un post il est suffisamment bon pour être publié ?

Quels sont tes critères ? À quel moment tu te dis « OK, la qualité est suffisamment bonne, j’appuie sur Publier ».

Ou peut-être que tu n’as pas de critères ?

Antoine : Je commence à en avoir. Il y a plusieurs choses :

  1. Il faut que, quand je relis mon post, on sente l’unité du sujet.

    Ce n’est pas toujours évident parce que des fois il faut laisser décanter un petit temps. Comme c’est nous qui l’avons écrit, on sait ce qu’on voulait dire (du moins, on le croit). Mais il faut qu’à la relecture, on s’assure qu’il n’y ait qu’un seul sujet, et on sait bien de quoi ça parle. Ça ne part pas dans tous les sens.
    Ça, c’est l’unité du sujet
  2. Ensuite, je me demande ce qu’apporte mon post. Est-ce qu’il apprend quelque chose à quelqu’un ? Est-ce qu’il le divertit ? Toujours se poser de la question de la valeur.

    Ce n’est pas parce que c’est quelque chose qui sort de toi, que ça a un intérêt pour l’autre. Bien sûr, ça peut être du divertissement, une histoire marrante qui va faire se marrer les gens. Il peut y avoir un intérêt. Il ne faut peut-être pas faire que ça, mais pourquoi pas.

    Par contre, il faut toujours que ça apporte quelque chose à l’autre. Et ça, je pense que c’est LE critère le plus important. .

Après, il va y avoir des questions plus techniques, notamment autour de l’accroche. Si elle n’est pas assez bonne, je la retravaille.

L’importance de l’accroche

Laurent : On va y venir après avec des exemples, mais qu’est-ce qu’une bonne accroche pour toi ?

Parce que c’est subjectif en fait. Une bonne accroche pour toi ne l’est pas forcément pour moi.

Antoine : En effet. Par contre, il y a quand même des standards : une bonne accroche doit attirer l’attention, elle doit donner envie de cliquer.

Effectivement, il va y avoir des styles différents. Mais, si on commence ses phrases par des mots qui n’ont pas de force, par des expressions toutes plates, on passe à côté de ses chances de donner envie de lire le post.

Donc ça, c’est un truc à dégager. Je dégagerai aussi, quelque chose qu’on voit et qui m’énerve au plus haut point, c’est ce que l’on appelle les accroches putaclics. Je suis désolé, c’est le mot.

Par exemple : « hier, j’ai perdu mon père », tu lis 3 lignes et puis non en fait, ce n’était pas vrai… Après, chacun fait comme il veut.

Ça peut être fait avec beaucoup d’humour et en fait, c’était du second degré (mais c’est loin d’être tout le temps le cas). Mais, moi le mec qui écrit ça, je me désabonne directement.

Je n’ai pas de temps à perdre avec des mecs qui font juste en sorte que je clique sur « Voir plus ».

Il faut savoir que quand on clique sur « Voir plus », pour l’algorithme ça a potentiellement autant de poids que quelqu’un qui like.

Cela fait remonter votre post. Les personnes qui font des accroches putaclics le font juste pour cela. À partir du moment où tu as cliqué sur « Voir plus », le post va prendre un peu de valeur aux yeux de l’algorithme qui n’est qu’un robot et qui ne va pas voir que c’est juste de l’arnaque.

Sauf que moi, en tant que lecteur, je ne supporte pas ça. Donc je ne le fais pas parce que je pense que c’est bête, tout simplement.

C’est un peu comme si tu écrivais des articles pour le blog de ton entreprise avec juste des mots clés pour que Google te référence. Si ton article est incompréhensible quand on arrive sur ton site, ça ne sert à rien.

Laurent : On est d’accord. C’est comme le ceux qui font une accroche très putaclic et en lisant le post, tu sens qu’ils rament pour essayer de raccrocher avec un truc un peu plus business ou faire une métaphore.

Tu sens que le truc est forcé. Et tu n’as aucun plaisir à lire cela.

Antoine : Après, quand on apprend, quand on essaye, il y a peut-être des accroches où j’ai mis un peu trop d’accroche par rapport à ce que ça méritait.

C’est là aussi où on peut se détendre en mode « on essaye ».

Un des trucs qu’on va vous dire souvent, c’est qu’il ne faut pas trop avoir peur de publier parce que si votre post est nul, personne ne le verra.

En fait, si les gens ne likent pas, l’algorithme va se dire que ce post-là n’intéresse personne et va le laisser dans les tréfonds de LinkedIn. Et en fait vous aurez fait 100 vues.

Laurent : Enfin, ces chiffres-là, ça veut tout et rien dire.

Ça peut être 100 vues, mais si dans les 100 vues tu as 10 personnes qui sont hyper intéressées par ce que tu dis et ce que tu proposes, ça peut se convertir en client derrière, tu vois.

À l’inverse, tu peux avoir 100 000 vues, si c’est 100 000 vues de personnes qui ne sont pas du tout concernées par ce que tu proposes et qui ne sont pas intéressées par ton offre, ça ne sert à rien. Tu vois ? Enfin ça ne sert à rien, on s’entend.

Antoine : C’est là où il y a un intérêt à switcher entre le TOFU, le MOFU et le BOFU.

Le TOFU, ça t’apporte de la visibilité, parce que tu vas avoir des nouvelles personnes qui vont s’abonner.

Parce que tu vas avoir un affichage potentiellement beaucoup plus large puisque ton post cible beaucoup plus de personnes. Ça peut avoir un intérêt finalement pour trouver d’autres personnes intéressées par ce que tu vas dire au milieu, parce que tu vas dire en bas.

Mais, effectivement, on n’est pas sur une logique de transformation en client et généralement les posts qui font le moins de vues parce qu’ils sont les plus experts et les plus précis, ce sont ceux tout en bas de l’entonnoir, ceux qu’on appelle les posts BOFU.

Ceux-là, l’important, ce n’est pas qu’il fasse beaucoup de vues, c’est qu’il fasse beaucoup d’engagement et le passage à l’action derrière.

Laurent : Il faut juste qu’ils soient vus par les bonnes personnes. C’est surtout ça.

Ce que je voulais dire, c’est que le nombre de vues, ça veut tout et rien dire en soi.

Justement, ça pose toujours la question des statistiques et de ce que l’on en fait. Parce que si on regarde juste le nombre de vues, il y a tellement de façons d’interpréter cette donnée différemment que le nombre de vues seul n’a pas de sens.

L’utilité des statistiques quand on débute

Laurent : D’ailleurs est-ce que toi, tu regardes tes stats ?

Quel est ton rapport aux stats ? Qu’est-ce que tu regardes et comment tu les interprètes ?

Antoine : Je dirais que quand on se lance, c’est un peu compliqué.

On sait très bien que le nombre de vues ou le nombre de likes, ce n’est pas une transformation en client. Mais, au début, on n’a que ça pour monitorer si ça plaît ou ça ne plaît pas.

Comme on a très peur que ça ne plaise pas, on a tendance à regarder pas mal le nombre de likes…

Sur LinkedIn, on appelle ça les vanity metrics. C’est-à-dire que les gros comptes qui se vantent d’avoir fait 1 000 000 de vues, ça ne veut rien dire. Ce n’est pas de la transformation. Donc, c’est un peu de la vanité.

Mais, je crois que quand tu débutes ce n’est pas de la vanité. Ce n’est pas par vanité que tu regardes beaucoup tes stats, c’est plus par peur d’être en train de te planter…

Laurent : … ou aussi simplement pour optimiser, pour savoir ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas.

Antoine : Ouais, c’est ça.

C’est-à-dire que tu vas pouvoir déceler là où ça a marché, là où ça n’a pas marché.

Tu vas pouvoir identifier qu’il y a plus de valeur et y a plus d’interactions avec ce post-là. Ou alors, tu vas pouvoir voir aussi des choses qui ont été beaucoup vues, mais qui n’engagent pas beaucoup. Enfin, beaucoup likées, mais où les gens ne commentent pas beaucoup, ou alors, à l’inverse, des posts où il y a peu de like, par contre tout le monde a mis un commentaire.

C’est intéressant aussi de voir ce découpage-là.

Analyse de deux de ses posts

Laurent : Ce que je te propose de faire, c’est de prendre deux de tes posts et d’analyser, peut-être pas tout le post, mais au moins l’accroche et voir tes résultats.

J’ai donc choisi deux posts, un qui a plutôt bien fonctionné et un autre qui a un peu moins bien fonctionné, en me basant uniquement sur les stats (nombre de like et nombre de commentaires).

D’ailleurs, peut-être que de ton point de vue, ce sont des postes qui ont très bien fonctionnés.

Je te propose de commencer par celui qui a bien fonctionné, donc c’est ton carrousel « 5 bonnes raisons de détester la vente ».

Sa méthode pour réussir ses carrousels

Laurent : Ce que je remarque, c’est que le post d’introduction est très court, il fait juste 3 lignes.

Est-ce que tu te souviens pourquoi tu avais fait cela plutôt qu’un post plus long ?

En effet, quand tu publies un carrousel, tu as plusieurs stratégies : tu peux avoir un post d’introduction très courts comme le tien ou des posts un peu plus longs qui font une sorte de teasing de ce qu’on va trouver dans le carrousel.

Toi, tu as opté plutôt pour une intro hyper courte. Est-ce qu’il y a une raison particulière ?

Antoine : Oui, parce que quand il y a un carrousel, moi, je commence toujours par aller voir le carrousel. Je ne lis jamais l’introduction. Je ne dis pas que c’est une bonne ou une mauvaise stratégie, je n’y ai juste pas réfléchi.

Je n’ai pas de recul dessus, mais je me dis que si tu apportes un maximum de choses à l’intérieur du carrousel, il vaut mieux laisser les gens y aller directement. Tu peux les accrocher avec une ligne d’intro si tu veux, mais laisse les gens découvrir ton carrousel.

En plus de ça, j’ai la particularité d’avoir choisi dès le début des codes couleurs qui sont assez marquants et qui flashent pas mal, un univers graphique que ce soit avec les ananas ou les perroquets qui attire pas mal l’attention.

Donc je me suis dit qu’il valait mieux laisser les choses infuser. Je pense que le la force du visuel va faire passer vachement plus de choses.

C’est aussi ça l’intérêt des carrousels. Il faut savoir que ce sont des posts qui marchent pas mal, même si ça prend plus de temps à faire car il faut créer du contenu et qu’il soit bien découpé entre plusieurs slides.

Mais, il y a la force du visuel qui permet de faire passer un message avec une autre dynamique. C’est aussi particulièrement bien vu quand il y a de l’humour.

Celui-là c’était mon tout premier carrousel donc je sais que même si les gens étaient peut-être passés, sur mon profil, avaient vu un petit peu les ananas et tout, là, j’allais taper un gros coup.

Mais je ne pensais pas que ce serait à ce point-là, où j’allais taper un grand coup sur le la force visuelle.

En plus de ça, j’ai choisi un sujet qui était quand même assez large.

Je me suis demandé pourquoi les gens ont cette réticence à la vente. Je me suis dit que j’allais à commencer à parler de sujet en partant d’eux. J’ai donc listé cinq bonnes raisons de détester la vente et après je détaille.

À ce stade, je pense que je raccroche un certain nombre de personnes qui ne se sentent pas à l’aise avec la vente. Normalement, j’ai mis leur raison dans les 5 premières slides. Avec en plus des blagues, ce qui les fait marrer. Ils vont voir la suite et après je leur apporte ma réponse qui est de dire : « en fait tu ne devrais pas parce que la vente ne s’apprend pas en cours ».

Il y avait un mix entre quelque chose d’assez synthétique, hyper visuel et d’assez drôle qui fait que ce post a bien marché. 

Laurent : Il y a quelque chose que j’ai remarqué et je ne sais pas si c’est volontaire (je pense que oui) : dans tes carrousels, tu as toujours le perroquet qui expose le problème, et l’ananas qui apporte la solution.

Antoine : Ouais. En effet, c’est quelque chose que j’ai décidé de faire pour l’instant.

Il y a toujours ces deux petits personnages que j’utilise dans mes carrousels : le perroquet est un peu sûr de lui et un peu idiot sur les bords. C’est un peu le personnage à qui il faut expliquer les choses.

Laurent : C’est celui qui répète sans réfléchir en quelque sorte…

Antoine : C’est aussi celui qui me sort les trucs drôles. Il me permet de faire des blagues, donc c’est assez marrant.

D’un autre côté, l’ananas, c’est Doc Ananas. Je l’ai appelé Doc Ananas, car il vient donner les conseils au perroquet. Il y a donc Coco et Doc Ananas.

Laurent : C’est super intéressant cette idée d’utiliser des animaux ou des fruits.

Ça crée un petit décalage et te permet de prendre de la hauteur, car ce n’est pas toi qui parles. On assiste à un dialogue entre un ananas et un perroquet, aussi bizarre que cela puisse paraître.

Tu joues aussi beaucoup sur les codes couleurs. Tu as différents fonds et des couleurs différentes selon qui de l’ananas ou du perroquet parle. J’imagine que c’est réfléchi.

Tu t’es fait aider par un·e graphiste ou c’est toi qui as eu cette idée ?

Antoine : Manon Verbecq, toujours.

Elle a commencé à vendre une offre de personnalisation de carrousel. Elle travaille avec énormément de gros créateurs de contenu qui viennent la voir en partant du principe que les carrousels fonctionnent et veulent avoir leur touche pour qu’ils soient plus percutants.

J’ai la chance de travailler avec elle et de l’avoir assez facilement.

En tout cas, pour la partie visuelle, je pars d’un template visuel. Ensuite, il faut orchestrer le tout, produire le contenu puis le mettre en valeur dans une trame à même de porter le message.

Laurent : Tu soulèves l’importance d’avoir des template pour gagner du temps et ne pas partir de 0 à chaque fois et d’avoir un certain nombre d’éléments déjà prédéfinis.

Par exemple, je vois que dans ton carrousel, l’ananas a différentes postures : il a un verre à la main, un tuba, un ballon de plage… C’est des choses que tu as faites sur-mesure, où tu as trouvé ça dans une banque d’images ?

Antoine : J’ai trouvé ça sur une banque d’image. J’ai eu du bol.

Laurent : D’accord, je croyais que tu avais du talent, mais en fait, tu as juste de la chance. 😅

Antoine : Voilà, c’est ça.

Après, la chance, il faut la provoquer aussi régulièrement possible.

Laurent : As-tu d’autres choses à dire sur ce carrousel ?

Antoine : J’en suis toujours aussi fier.

Laurent : Tu peux. Franchement, il est chouette.

Son expérience concernant l’usage des hashtags.

Laurent : J’allais dire quelque chose, mais en voyant ton post, ça contredit ce que j’allais dire. Je remarque que, globalement, tu utilises assez peu les hashtags.

Sauf sur ce post, ou tu en as utilisé 3. Mais globalement dans tes messages, c’est quelque chose que tu utilises assez peu. Est-ce que c’est volontaire ou c’est juste que tu n’y penses pas ?

Antoine : J’ai essayé au début. Ce carrousel, il date de mes débuts. Je n’ai constaté aucune différence.

Chez les créateurs de contenu, il y en a qui disent qu’ils voient des différences, d’autres que ça ne sert absolument à rien.

Je dois t’avouer que moi-même, j’étais abonné à certains hashtags comme #entrepreneur. Je voyais dans mon fil des posts qui venaient de là et en fait, je ne les vois plus.

Je me suis abonné à trop de choses ou alors, je me suis désabonné, car le contenu n’était pas intéressant.

Je n’ai pas l’impression que ce soit quelque chose d’utile. On n’est pas sur Twitter. En tout cas, je n’ai pas constaté de différence dans mes posts.

Laurent : J’avais lu que les hashtags pouvaient servir aussi pour ton personal branding.

Notamment le fait d’avoir ton propre hashtag. Un #DocAnanas, par exemple. Moi, j’ai mon hashtag #BrasseurDeSiteWeb, c’est un truc que je mets toujours en fin de post.

Après, je ne sais pas si ça a une réelle différence ou non.

Antoine : C’est pour mettre un texte en couleur ?

Laurent : Ah non, pas forcément.

Antoine : Tu penses qu’il y a des gens qui cliquent sur le hashtag pour aller voir tous les posts de ce hashtag ?

Laurent : Je n’en sais rien. J’avoue ne pas avoir de stats ou d’informations sur le sujet.

Antoine : On en est au même point. Je ne sais pas.

À la limite, le moment où je les utilisais, c’était pour faire ressortir un peu mes domaines d’expertises.

En fait, je m’aperçois qu’à force de publier du contenu et avec ce que je mets dedans, je n’ai pas besoin de mettre que je parle de vente, d’éthique ou de freelance.

Laurent : Je pense que le plus simple, c’est de tester ce qui fonctionne le mieux pour les auditeurs, vu qu’il y a plusieurs écoles.

Antoine : Là, on entre dans les mystères de l’algorithme.

Laurent : C’est ça. Algorithme qu’on ne maîtrise absolument pas !

L’usage des smileys et émoticons : bonne ou mauvaise idée ?

Laurent : Un autre post qui lui a moins fonctionné, en termes de vanity metrics du moins.

C’était un poste, avec que tu texte qui commence par « Délais rapides + prix bas + bonne qualité = l’impossible triangle d’or des projets ».

Tu y expliques, à travers ce triangle, cette difficulté de trouver un juste milieu sur les projets de manière générale, entre les délais, la qualité et les prix.

Ce que je remarque et qui saute aux yeux, c’est que tu utilises beaucoup de smileys et d’émoticônes.

Antoine : Pas que c’est un des tout premiers.

J’ai eu beaucoup de mal à accoucher de ça. C’était la période où je me disais que je n’allais pas avoir 200 trucs à dire sur mon domaine d’expertise et j’étais encore assez mal à l’aise.

Alors ouais, j’avais mis beaucoup de smileys pour me donner de la contenance. Je pense que c’est souvent à ça qu’on reconnait des posts de débutants. Il n’y a peut-être pas que cela, bien sûr.

Quand tu es assez sûr de ton contenu, tu ne rajoutes pas 25 smileys. Dans ce cas-là, j’avais eu beaucoup de mal à accoucher du post, à faire quelque chose de lisible. Mais ça se voit que l’accroche – et encore elle est retravaillée – c’est lourd, malgré le retrait d’éléments de jargon.

Son regard sur le relatif échec de ce post

Antoine : Donc le triangle d’or des projets, c’est quelque chose que connaissent bien les chefs de projet. Je pense qu’il y avait manière de l’amener d’une façon beaucoup plus légère.

J’ai quand même essayé de faire un peu de storytelling et de l’amener avec une expérience personnelle que j’aurais vécue. Mais, ça n’a pas été beaucoup plus loin que ça.

Après, je ne suis pas mécontent de ce post. Je pense qu’il lui manquait quelque chose.

Au début, j’étais beaucoup dans des posts très explicatifs, descriptif.

Ce que je remarque surtout dans ce post-là, ce n’est pas le nombre de vues ou le nombre de likes.

C’est le fait que je n’ai pris que des likes, tu sais, avec le petit pouce. Je ne pense pas que j’ai un seul autre post où ça n’avait pas déclenché, soit des cœurs, soit des soutiens, soit des applaudissements.

Sans y passer trois heures, c’est là que je me rends compte que les gens se sont juste dits que c’était pas mal, mais ce n’était pas intéressant. Tu vois, ils ont voulu me soutenir. Ça les a peut-être intéressés, mais ça manquait encore un peu de pêche, tu confirmes ?

Laurent : Je suis justement en train de le relire.

Moi aussi, j’en fais des posts comme ça très longs et j’ai encore un peu le travers de vouloir tout expliquer dans mes posts.

Je pars du principe que plus tu expliques, plus tu es sûr que les gens vont comprendre derrière.

C’est vrai que je suis plutôt dans la team des longs posts, et parfois même très long. Peut-être trop long pour LinkedIn, je ne sais pas.

Ses astuces pour mettre en forme son contenu

Laurent : Ce que je remarque aussi – et c’est plutôt une qualité, de mon point de vue – c’est que tu n’utilises pas les astuces de mise en page, ce qu’on appelle le « faux gras ». Cette technique qui consiste à utiliser des caractères pour simuler en fait du gros ou de l’italique.

Du coup, Je me demandais si tu avais des techniques rendre tes textes agréables à lire.

Là, on a vu que tu utilisais les smileys. J’ai vu aussi sur certains de tes posts que tu utilisais des mises en page en escalier ou ce genre de choses.

J’ai l’impression que tu expérimentes beaucoup sur ce sujet.

Antoine : Oui, là, c’est vraiment l’expérimentation. Sur ce sujet, il n’y a pas de recette miracle et il faut expérimenter.

Je pense que la lisibilité des postes, passe d’abord par l’élagage de son contenu.

Généralement, la première fois qu’on écrit, il y a beaucoup trop de mots, ou des mots mal choisis pour dire les choses. On se complique la vie.

Ce n’est pas toujours facile, mais le but ça va être de simplifier, d’aller droit à l’essentiel. Là, on crée un peu plus de lisibilité.

Finalement, s’il n’y a pas de phrases qui sont trop dures à lire, où inutiles, il n’y a pas forcément besoin de mettre du gras dans ses textes, de mettre des artifices. Je ne pense pas que ce soit nécessaire.

Ni même des smileys en fait. Finalement, dans mes derniers posts je pense que les smileys j’en met plus des fois 2 ou 3.

En revanche, certaines fois, quand je fais une liste numérotée, plutôt que de sauter des lignes et de faire des puces, je vais utiliser soit des petites flèches, soit le symbole « puce » que je vais rechercher. Il n’existe pas sur LinkedIn, mais je vais le chercher et je fais un copier-coller pour donner de la lisibilité. La liste à puce classique, autant qu’elle soit présentée avec des puces.

Son organisation

Laurent : On arrive bientôt à la fin de la conversation. Ça passe vite.

Avant de passer aux questions finales, je voulais continuer avec toi sur ton organisation. Est-ce que tu es plutôt de la team : « je publie en fonction de l’inspiration » ou plutôt de la team « je planifie un minimum avec un calendrier éditorial » ?

Ou tu es un peu des deux ?

Antoine : J’aimerais être de la team « calendrier éditorial » !

Je suis quand même de la team qui a défini un peu ses sujets TOFU, BOFU, MOFU et qui travaille sur des idées de post en amont (et qui parfois ne les utilise pas).

J’essaye quand même de lister les sujets dont j’aimerais parler dans la semaine. Parfois, sur les 4 posts que j’ai décidé de faire, je n’en fais que deux sur les sujets définis et si pour les deux autres, il y a une autre inspiration, ce n’est pas grave. C’est plutôt un mix entre les deux.

Les trois questions de la fin

Laurent : Pour terminer l’épisode, je te propose 3 petites questions pour conclure.

Ses conseils pour réussir ses débuts sur LinkedIn

Laurent : La première est une question assez traditionnelle : quels conseils tu pourrais donner à quelqu’un qui a envie de publier du contenu, que ce soit sur LinkedIn ou sur un autre réseau ?

Un conseil autre que juste se lancer, qui est un peu un peu bateau.

Antoine : Alors moi, j’irais jouer le social, on en parlait tout à l’heure. J’irais commenter, interagir.

C’est vraiment un réseau social, on ne partage pas en mode vertical.

Ce n’est pas la télévision. C’est quelque chose qui se travaille à deux. Je pense que plus on joue l’aspect social, plus on suscite de l’intérêt et on a de chance de faire évoluer sa vision au contact des autres. Donc, jouer le social. Les opportunités, elles sont là.

Et le second conseil, c’est d’oser parler de soi, ce qui n’est pas toujours facile.

Il ne faut pas parler de soi juste pour parler de soi. Par contre, quand on apporte une expertise, je pense qu’on lui donne de la force et de l’impact à partir du moment où on est capable d’expliquer pourquoi on en arrive là.

C’est là qu’il devient intéressant de suivre certains créateurs, car ils arrivent à mixer de manière intelligente leur expertise et le parcours qui les a amenés là.

Généralement, ce sont eux que je crédite le plus d’une certaine crédibilité. En outre, ce sont eux qui émotionnellement me donnent envie de faire des choses avec eux.

Laurent : On a assez peu parlé de l’importance du personal branding.

Il y aurait encore tellement de sujets à aborder ! Il faudrait qu’on fasse un second épisode dans quelques mois, quand tu auras un peu plus avancé dans tes expérimentations.

C’est vrai que la limite entre parler de soi pour asseoir son expertise et amener son expertise et parler de soi juste pour le plaisir de parler de soi et de se mettre en avant est mince.

Parfois, le lien avec l’expertise est un peu tiré par les cheveux. C’est clair que ce n’est pas toujours évident.

Ses futurs projets

Laurent : Dans tout ce que tu as dans ton dans ton tiroir ou liste des projets prévus pour 2022 est-ce que tu as un ou plusieurs projets qui sont toujours les tiroirs, qui n’ont pas encore bougé et pourquoi ?

Antoine : Qui n’ont pas encore bougé ? Ouais, j’en ai.

On veut essayer à plusieurs de faire un podcast. Original, hein ? ! Je pense que c’est le bon moment d’essayer de faire des choses comme ça.

Laurent : Qu’est-ce qui t’empêche d’avancer ?

Antoine : Je suis très occupé par le fait d’apprendre à écrire sur LinkedIn et à donner une forme à mon offre.

Mais en soi, techniquement, pas grand-chose, on fait juste les choses dans l’ordre. Ça arrive.

Laurent : Tu as déjà un peu l’idée du sujet ?

Antoine : Pas du tout.

Laurent : Ah oui, d’accord, tu veux juste faire un podcast. 😄

Antoine : En fait, il y a plusieurs idées. Mais on est d’abord sur nos projets solos. Et puis on va avancer.

Son mot de la langue française préféré

Laurent : Pour conclure, une question qui n’a absolument rien à voir avec tout ce qu’on a dit jusqu’ici, mais que je trouve drôle : quel est ton mot de la langue française préféré ?

Antoine : Je ne sais pas si c’est le préféré, mais il y a un mot que j’aime bien, c’est le paradigme.

Le paradigme, c’est un modèle de pensée ou une manière de voir le monde.

Ça peut rejoindre le prisme par lequel chacun interprète le monde. Ce qui est intéressant, c’est que chacun a son paradigme et sa réalité.

Pour faire le lien avec le sujet de notre conversation, quand on devient créateur de contenu, on ne va pas forcément révolutionner les expertises, mais on a une manière de voir et de partager qui est spéciale.

Voilà, c’est un mot que j’aime beaucoup. J’aime aussi l’idée qu’on peut changer de paradigme. On peut faire évoluer notre regard sur les choses.

On l’entend souvent comme ça : « c’est un changement de paradigme dans quelque chose ». Cela signifie que c’est une sorte de révolution, de changement de manière de penser dans un domaine.

Laurent : Sur ces belles paroles, je te propose de conclure.

Merci beaucoup pour ta participation. Je pense qu’il y a pas mal de choses qui ont été amenées dans cet épisode et clairement, je pense que ça serait intéressant de se reparler dans quelques mois et voir comment tu as évolué par rapport à certains de ces sujets.

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